Face à l’augmentation des frelons asiatiques sur son territoire, la commune de Peypin lance une campagne de piégeage participatif avec ses habitants. Soutenue par le Département des Bouches-du-Rhône, cette initiative citoyenne vise à contenir la prolifération de deux espèces invasives : le frelon asiatique et le frelon oriental. Soixante pièges seront répartis sur le territoire communal grâce à la mobilisation des volontaires.
Une campagne de piégeage qui associe la commune et ses habitants
La ville de Peypin a officiellement rejoint l’initiative citoyenne de lutte contre les frelons invasifs, avec l’appui du Département des Bouches-du-Rhône. Cette adhésion intervient après une multiplication constatée des interventions du service technique municipal pour détruire les nids. Chaque année, les signalements augmentent, témoignant d’une présence de plus en plus marquée de ces insectes nuisibles.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre plus large du plan départemental de lutte contre les espèces invasives, un dispositif qui accompagne les communes souhaitant mobiliser leurs habitants autour d’actions concrètes de régulation. Deux espèces sont particulièrement visées : le frelon asiatique (vespa velutina) et le frelon oriental, qui représentent une menace pour la biodiversité locale, l’agriculture et notamment l’apiculture, ainsi qu’un risque sanitaire pour les habitants.
Le principe de cette campagne repose sur une mobilisation conjointe : la commune fournit le cadre, les pièges et la formation, tandis que les habitants volontaires s’engagent à installer et surveiller les dispositifs de piégeage à leur domicile ou dans leur environnement proche. Cette complémentarité entre services publics et citoyens permet de créer un maillage efficace du territoire communal.
| Espèce | Nom scientifique | Impact principal |
|---|---|---|
| Frelon asiatique | Vespa velutina | Prédation sur les abeilles, impact apicole |
| Frelon oriental | Vespa orientalis | Risque sanitaire et biodiversité |
Un démarrage sur les chapeaux de roue
Plus de 70 participants à la réunion de lancement
La campagne a débuté mi-février lors d’une réunion publique qui a dépassé toutes les attentes. Plus de 70 personnes se sont déplacées pour assister à la conférence menée par Philippe Magnon, représentant du Groupement de défense sanitaire apicole des Bouches-du-Rhône (GDSA13). L’affluence a été telle qu’il a fallu agrandir l’espace prévu initialement pour accueillir tous les participants.
Cette mobilisation importante témoigne de la préoccupation des habitants face à la prolifération de ces insectes, mais aussi de leur volonté de passer à l’action concrète. La session de formation a duré deux heures, permettant aux participants d’acquérir les connaissances nécessaires pour agir efficacement sur le terrain.
Un programme complet pour apprendre à agir
La présentation a couvert l’ensemble des aspects pratiques et théoriques nécessaires pour mener une campagne de piégeage efficace. Les participants ont d’abord découvert la grande famille des frelons, des espèces européennes aux espèces invasives asiatiques et orientales. Une attention particulière a été portée au frelon asiatique, dont le nom scientifique vespa velutina revient régulièrement dans les signalements locaux.
Au-delà de la simple identification des insectes, la formation a abordé des compétences concrètes :
- Reconnaissance des différents types de nids selon les espèces, avec leurs caractéristiques visuelles distinctes
- Techniques de piégeage adaptées à chaque période et chaque contexte
- Choix des appâts et placement optimal des pièges pour maximiser l’efficacité
- Importance de protéger les autres insectes utiles lors du piégeage
Les enjeux environnementaux, agricoles et sanitaires ont également été détaillés. Les participants ont notamment pris conscience de l’impact de ces frelons sur les populations d’abeilles locales, essentielles à la pollinisation, et des risques liés à la multiplication des nids à proximité des habitations et des espaces publics.
Soixante pièges pour mailler le territoire communal
Le dispositif prévoit la distribution de 60 pièges sur l’ensemble de la commune de Peypin. Cet objectif n’est pas anecdotique : il permet de créer un véritable maillage du territoire, indispensable pour intercepter les frelons avant qu’ils n’établissent de nouvelles colonies.
Le principe repose sur l’engagement des habitants volontaires, qui installent les pièges sur leur propriété ou dans leur environnement immédiat. Chacun devient ainsi acteur de la protection de son quartier et de sa commune. Cette répartition géographique des pièges offre une couverture bien plus large que les seules interventions des services municipaux, qui interviennent généralement en réaction, après signalement d’un nid déjà constitué.
La période de piégeage se concentre généralement au printemps, moment où les reines fondatrices sortent de leur hivernage et cherchent à établir de nouveaux nids. En capturant ces reines avant qu’elles ne se reproduisent, on limite considérablement la prolifération de la colonie. Un seul piège bien placé et surveillé au bon moment peut empêcher la formation d’un nid qui compterait des centaines d’individus en été.
La commune assure le suivi de cette campagne en restant en contact avec les participants, en récoltant les données de piégeage et en intervenant lorsque des nids sont repérés malgré les dispositifs préventifs.
Ce que vous pouvez faire si votre commune veut se lancer
Si vous habitez une commune confrontée à la prolifération du frelon asiatique et que vous souhaitez impulser une démarche similaire, plusieurs pistes s’offrent à vous.
Commencez par contacter le Groupement de défense sanitaire apicole de votre département. Ces structures accompagnent les communes dans la mise en place de campagnes de piégeage et proposent des formations adaptées aux habitants. Chaque département dispose généralement d’un GDSA qui centralise les connaissances et les bonnes pratiques en matière de lutte contre les espèces invasives.
Vérifiez ensuite si votre département a mis en place un plan de lutte contre les espèces invasives. Ces dispositifs offrent souvent un soutien logistique et financier aux communes engagées : fourniture de pièges, prise en charge de formations, documentation technique. Le Département des Bouches-du-Rhône, par exemple, accompagne les communes comme Peypin dans cette démarche.
Vous pouvez également vous rapprocher de votre mairie pour proposer l’adhésion à une initiative similaire. Présentez la démarche en insistant sur son caractère participatif et peu coûteux : une fois les habitants formés, le dispositif fonctionne de manière autonome et efficace. Les élus locaux sont souvent réceptifs à ce type de projets qui mobilisent les citoyens autour d’un enjeu concret.
Si une action collective n’est pas envisageable immédiatement, vous pouvez agir à titre individuel en installant des pièges sur votre terrain. Attention toutefois : il est indispensable de se former avant d’agir. Tous les pièges ne se valent pas, et certains modèles capturent indistinctement tous les insectes, y compris des espèces utiles comme les abeilles ou les papillons. Privilégiez les pièges sélectifs et utilisez les bons appâts aux bonnes périodes.
Voici quelques ressources utiles pour vous lancer :
- Le GDSA de votre département pour une formation adaptée et des conseils techniques
- Le Muséum national d’histoire naturelle, qui centralise les signalements de frelons asiatiques via sa plateforme en ligne
- Les services environnement de votre département, qui disposent souvent de documentation et de contacts spécialisés
- Votre mairie, qui peut relayer votre demande auprès des instances départementales
L’essentiel est de ne pas agir seul et sans formation. La lutte contre le frelon asiatique est efficace lorsqu’elle est coordonnée, informée et collective. L’exemple de Peypin montre qu’une mobilisation citoyenne bien encadrée peut devenir un levier puissant de protection de la biodiversité locale et de la tranquillité des habitants.